«Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche»Abbé Lluc TORCAL Moine de Monastère de Sta. Mª de Poblet (Santa Maria de Poblet, Tarragona, Espagne)
Aujourd’hui, en lisant ce saint Évangile, comment n’y point voir un reflet de l’époque présente, toujours plus menaçante et sanglante? «Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde» (Lc 21,25b-26a). On a bien des fois représenté la seconde venue du Seigneur par des images les plus terrifiantes possibles, comme cet Évangile paraît l’indiquer, toujours sous le signe de la peur.
Est-ce là cependant le message que nous adresse aujourd’hui l’Évangile? Remarquons bien les derniers mots: «Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche» (Lc 21,28). Le cœur du message de ces derniers jours de l’année liturgique n’est pas la peur, mais l’espérance de la future libération, c’est-à-dire l’espérance complètement chrétienne de parvenir à la plénitude de la vie avec le Seigneur, à laquelle participeront aussi notre corps et le monde qui nous entoure. Les événements qui nous sont racontés si dramatiquement veulent indiquer de manière symbolique la participation de toute la création à la seconde venue du Seigneur, comme elle a déjà participé à sa première venue, en particulier au moment de la passion, quand le ciel s’obscurcit et que la terre trembla. La dimension cosmique ne sera pas oubliée à la fin des temps, car c’est une dimension qui accompagne l’homme depuis son entrée dans le Paradis.
L’espérance du chrétien n’est pas trompeuse, car quand ces choses commenceront d’arriver —nous dit le Seigneur Lui-même— «alors, on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire» (Lc 21,27). Ne vivons pas dans l’angoisse face à la seconde venue du Seigneur, sa Parousie: méditons plutôt les profondes paroles de saint Augustin qui, déjà en son temps, voyant les chrétiens craintifs devant le retour du Seigneur, s’interrogeait: «Comment l’Épouse aurait-elle peur de son Époux?».

