Homélies Nourritures

Commentaire de l’Évangile du lundi 02 novembre 2020

Méditation du Cardinal Cantalamessa sur le "Veni Creator"

«Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne» Abbé Agustí BOADAS Llavat OFM(Barcelona, Espagne)

Aujourd’hui, l’Évangile remémore l’événement le plus remarquable du monde chrétien: la mort et la résurrection de Jésus. Faisons donc nôtre, aujourd’hui, la prière du Bon Larron: «Jésus, souviens-toi de moi» (Lc 23,42). «L’Église ne prie pour les saints comme elle le fait pour les défunts, qui dorment dans le Seigneur, mais elle se recommande aux prières des ceux-là et prie pour ceux-ci», disait saint Augustin dans un Sermon.

Une fois par an, au moins, les chrétiens nous demandons sur le sens de notre vie et sur celui de notre mort et résurrection. C’est le jour de la commémoration de tous les fidèles défunts, sur laquelle saint Augustin nous a montré sa différenciation par rapport a la fête de la Toussaint.

Les souffrances de l’Humanité sont les mêmes que celles de l’Église et, sans doute, elles ont en commun que toute souffrance humaine renferme en quelque sorte une privation de la vie. C’est pour cela que la mort d’un être bien-aimé peut constituer une douleur si indicible que, même la foi, ne peut pas l’apaiser. Ainsi donc, les hommes ont toujours voulu vénérer les défunts.

La mémoire, en effet, c’est en peu comme si les absents pussent être présents, en perpétuant sa vie parmi nous. Mais les mécanismes psychologiques et sociaux des hommes, avec le temps, amortissent les souvenirs. Et si cela peut humainement mener vers l’angoisse, pour nous, chrétiens, grâce à la résurrection, nous amène la paix. L’avantage d’y croire c’est qu’elle nous permet de confier que, malgré l’oubli, nous allons les retrouver dans l’autre vie.

Un deuxième avantage d’y croire c’est que, en remémorant nos défunts, nous prions par eux. Nous le faisons profondément, en intimité avec Dieu, chaque fois que nous prions ensemble dans l’Eucharistie: nous ne sommes pas seuls devant le mystère de la mort et la vie, car nous le partageons comme membres du Corps du Christ. Mieux encore: en repérant la croix, suspendue entre le Ciel et la Terre, nous savons qu’on établit une communion entre nous et nos défunts. C’est pour cette raison que saint François d’Assis a proclamé reconnaissant: «Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle».

Commenter