Homélies Nourritures

Commentaire de l’Évangile du mercredi 18 novembre 2020

Méditation du Cardinal Cantalamessa sur le "Veni Creator"

«Faites-les fructifier pendant mon voyage»Abbé Pere SUÑER i Puig SJ (Barcelona, Espagne)

Aujourd’hui, l’Évangile nous propose la parabole des pièces d’or: une quantité d’argent que ce noble répartit parmi ses serviteurs, avant de partir en voyage. Tout d’abord, prêtons attention à ce qui provoque la parabole de Jésus. Il «était près de» Jérusalem, où l’attendait la passion et la résurrection. Les disciples «pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l’instant même» (Lc 19,11). C’est dans ces circonstances que Jésus propose cette parabole. À travers elle, Jésus nous enseigne que nous devons faire fructifier les dons et qualités qu’Il nous a donnés, ou mieux dit encore, qu’il nous a laissé à tous et chacun. Ils ne nous appartiennent pas, nous ne pouvons donc pas en faire ce qu’il nous plaît. Il nous les a laissés pour que nous les fassions fructifier. Ceux qui ont fait fructifier les pièces d’or -plus ou moins- sont complimentés et récompensés par leur Seigneur. C’est le serviteur paresseux, qui garda son argent dans un linge sans le faire fructifier, celui qui est repentant et condamné.

Le chrétien, donc, doit attendre —il est évident!— le retour de son Seigneur, Jésus. Mais à deux conditions, s’il veut que la retrouvaille soit aimable. La première est qu’il doit renoncer à la curiosité malsaine de vouloir savoir l’heure solennelle et victorieuse du retour du Seigneur. Il viendra, dit-on dans un autre passage de l’Évangile, lorsqu’on s’y attend le moins. Les spéculations sur ce sujet sont donc exclues! Attendons avec espérance, mais d’une attente confiante sans curiosité malsaine. La seconde condition est que nous ne perdions pas le temps. L’attente de la rencontre et du bonheur final ne peut être excuse pour que nous ne prenions pas au sérieux le moment présent. Justement, plus grande sera la contribution que chacun de nous ayons faite pour la cause du Royaume de Dieu dans la vie présente, plus grande sera la joie et le bonheur de la rencontre finale.

Et elle n’est pas de trop, la grave remarque de Jésus à ceux qui se rebellent contre lui: «Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi» (Lc 19,27).

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