Homélies Nourritures

Commentaire de l’Évangile du samedi 24 Octobre 2020

Méditation du Cardinal Cantalamessa sur le "Veni Creator"

«Il vint chercher du fruit (…), et n’en trouva pas» + Abbé Antoni ORIOL i Tataret(Vic, Barcelona, Espagne)

Aujourd’hui, les paroles de Jésus nous invitent à méditer sur les inconvénients de l’hypocrisie. «Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas» (Lc 13,6). L’hypocrite donne l’apparence de ce qu’il n’est pas. Ce mensonge atteint son sommet lorsqu’on feint la vertu (aspect moral) tout en étant vicieux, ou la dévotion (aspect religieux) en ne cherchant que soi-même et ses propres intérêts, et non pas Dieu. L’hypocrisie morale abonde en ce monde, l’hypocrisie religieuse porte préjudice à l’Église.

Les invectives de Jésus à l’adresse des scribes et des pharisiens —plus claires et directes en d’autres passages des Évangiles— sont terribles. Nous ne pouvons lire ou écouter de telles paroles, sans qu’elles nous touchent en plein cœur, si vraiment nous avons écouté et compris.

Je le dirai au pluriel, car tous nous faisons l’expérience de la distance entre ce dont nous offrons l’apparence et ce que nous sommes vraiment. Nous, les hommes politiques, quand nous profitons du pays tout en proclamant que nous sommes à son service; nous, les policiers, quand nous protégeons des groupes corrompus au nom de l’ordre public; nous, les membres du personnel sanitaire, quand nous supprimons des vies naissantes ou finissantes au nom de la médecine; nous, les moyens de communication sociale, quand nous falsifions les informations et pervertissons les gens tout en disant que nous les divertissons; nous, les administrateurs de fonds publics, quand nous en détournons une partie vers nos poches (les nôtres ou celles de notre parti) tout en nous ventant d’honnêteté publique; nous, les laïques, quand nous empêchons la religion de s’exprimer publiquement au nom de la liberté de conscience; nous, les religieux, quand nous vivons sur le dos de nos institutions par notre infidélité à leur esprit et aux exigences de leurs fondateurs; nous, les prêtres, quand nous vivons de l’autel, mais ne servons pas nos paroissiens avec abnégation et esprit évangélique; etc.

Ah! Et toi et moi, dans la mesure où notre conscience nous dit ce que nous devons faire et que nous ne le faisons pas, pour nous dédier seulement à voir la paille dans l’œil d’autrui, sans même vouloir nous rendre compte de la poutre qui aveugle le nôtre. Oui ou non?

Jésus, Sauveur du monde, sauve nous de nos petitesses, de nos médiocrités et de nos grandes hypocrisies!

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