«Jean lui disait: ‘Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère’»
Abbé Josep Mª MASSANA i Mola OFM
(Barcelona, Espagne)
Aujourd’hui, nous évoquons le martyre de saint Jean Baptiste, le Précurseur du Messie. Toute la vie du Baptiste tourne autour de la Personne de Jésus, de telle façon que, sans Lui, l’existence et la besogne du Précurseur n’aurait pas de sens.
Dans les entrailles de sa mère, il sent déjà la proximité du Sauveur. L’étreinte de Marie et d’Élisabeth, deux futures mères, ouvrit le dialogue entre les deux enfants: le Sauveur sanctifiait Jean, et celui-ci tressaillait d’enthousiasme dans le sein de sa mère.
En tant que Précurseur il maintint cet enthousiasme -dont l’étymologie signifie « être plein de Dieu »-, lui prépara le chemin, lui aplani les routes, lui amoindrit les sommets, l’annonça déjà présent, et le signala du doigt comme le Messie: «Voici l’Agneau de Dieu» (Jn 1,36).
Au crépuscule de son existence, Jean est incarcéré lorsqu’il prêchait la liberté messianique à ceux qui étaient prisonniers de leurs vices: «Jean disait à Hérode: ‘Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère’» (Mc 6,18). La mort du Baptiste est le témoignage de son martyre centré en la personne de Jésus. Il fût son Précurseur dans la vie et, maintenant, il le précède dans la mort.
Saint Bède nous dit qu’Il «est enfermé dans l’obscurité d’un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière et qui avait mérité d’être appelé flambeau ardent de lumière par la lumière elle-même qui est le Christ. Par son propre sang est baptisé celui à qui fut donné de baptiser le Rédempteur du monde».
Espérons que la commémoration du Martyre de saint Jean Baptiste puisse nous enthousiasmer, dans le sens étymologique du terme et, ainsi, pleins de Dieu, nous puissions témoigner avec courage de notre foi en Jésus. Que notre vie chrétienne tourne aussi autour de la Personne de Jésus, ce qui lui rendra son plein sens.

