Enseignements Nourritures

Les sept péchés capitaux (2)

Méditation du Cardinal Cantalamessa sur le "Veni Creator"

L’orgueil : la capitaine des capitaux

L’orgueil, mère de tous les vices

L’orgueil, est un vice par excès qui consiste en un sentiment démesuré de sa propre valeur, une estime excessive de soi-même qui porte à se mettre au-dessus des autres. L’orgueil est un amour propre disproportionné. La vertu consiste en une juste estime de soi et en un amour ajust de soi. L’orgueil est un manque ou une absence d’humilité d’après Théophraste philosophe grec du quatrième siècle. L’orgueil n’est pas seulement un péché capital, c’est le péché capital par excellence. Le commencement de tout péché, dit le Seigneur, c’est l’orgueil (l’ecclésiaste 10, 13). Au cœur de chaque péché nous pouvons voir en filigrane une préférence abusive de soi et de son bien au détriment de celui de l’autre ou de la collectivité. L’orgueilleux peut en arriver à vouloir se passer de Dieu. Il croit pouvoir réussir tout seul, se sauver tout seul. Il a la certitude de se suffire à lui-même. Une personne m’a affirmé un jour, en me regardant droit dans les yeux : Dieu ne m’a pas aidé quand j’étais dans les difficultés, je m’en suis sorti tout seul, maintenant que j’ai réussi, je n’ai pas envie de me tourner vers lui.

Signes pour repérer l’orgueil

Un sentiment de supériorité par rapport aux autres

La recherche constante de gloire et de la reconnaissance

L’exaltation de ses qualités et l’aveuglement sur ses défauts

La promptitude à juger les autres

Ne pas supporter les critiques

Vouloir toujours avoir raison

Manque de respect à l’égard des autres

Difficulté à reconnaître ses erreurs

Difficultés à demander pardon ou à demander de l’aide

La tristesse lorsqu’on n’est pas valorisé ou reconnu

Besoin d’être remarqué

Ne voir que ce qui ne va pas chez les autres

L’arrogance : « L’arrogance précède la ruine, et l’orgueil précède la chute » (Proverbes 16, 18)

Quelques péchés engendrés par l’orgueil

L’orgueil, commencement de tout péché, engendre d’autres attitudes peccamineuses telles que la vanité, l’obstination, la témérité (qui est un vice par excès, la vertu étant le courage), la désobéissance (on est sûr d’en savoir plus que ses supérieurs et sa hiérarchie), la suffisance, le mépris, l’arrogance, l’omnipotence, la jalousie, l’irritation, l’abus de pouvoir etc. L’orgueil a conçu et enfanté la jalousie dans le cœur de Saül et sera l’une des causes de la déchéance du roi. « Quand David sortait, partout où l’envoyait Saül, il réussissait ; Saül le mit à la tête des gens de guerre, et il plaisait à tout le peuple, même aux serviteurs du roi. Quand ils firent leur entrée, lorsque David revint après avoir tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël, en chantant et en dansant, au-devant du roi Saül, avec joie, au son des tambourins et des harpes. Les femmes, les danseuses, se répondaient et disaient : Saül a tué ses milliers, et David ses dizaines de milliers. Saül fut très irrité, et ces paroles lui déplurent : il dit : « On donne dix mille à David, et à moi on donne les mille ! Il ne lui manque plus que la royauté. » Et Saül voyait David de mauvais œil, à partir de ce jour » (1 S 18, 5-9).

Les remèdes contre l’orgueil 

Le premier remède consiste en une prise de conscience d’une attitude mal ajustée dans la relation à soi, à l’autre et à Dieu. Parmi les autres moyens de lutte contre l’orgueil on peut noter le fait d’apprendre à recevoir des autres et à leurs dire merci pour les services rendus. L’humilité est l’antidote de l’orgueil. On chasse l’orgueil par son contraire. Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais aux humbles il accorde sa grâce (1 P 5, 5). Être humble ne veut pas dire se laisser marcher dessus mais être à la place qui est la nôtre, avoir une juste estime de soi et estimer les autres à leur juste valeur. Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun (Rm 12, 3). Un autre remède consiste à apprendre à se tourner davantage vers Dieu pour confesser sa dépendance à son égard et à l’égard des autres. La discrétion est aussi une arme  contre l’orgueil ainsi que l’humour. Ne pas se prendre trop au sérieux et savoir rire de soi, de ses travers et de ses excès. Ne pas avoir peur de s’abaisser car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. » (Lc 18, 14).

Fr. Jean-Philippe DIOUF

Communauté Saint Jean

Paroisse Universitaire de Lomé

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