Il y a six choses que hait le Seigneur, il y en a sept qu’il a en horreur (Pr 6, 16)
Le péché
Le péché est un manque d’obéissance et d´amour envers Dieu. Il est aussi un manque d’amour (conscient ou inconscient) envers son prochain et envers soi-même. Le péché se comprend toujours dans la lumière du lien profond de l’homme avec son prochain et avec Dieu. Il est un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes créées à son image et à sa ressemblance pour s’aimer mutuellement et aimer son Dieu. En hébreu, le verbe pécher signifie se tromper de cible. Pécher c’est se tromper de bonheur. La doctrine des péchés capitaux montre les sept voies par lesquelles l’homme peut se détourner de son véritable bonheur.
Le péché capital
Le mot capital vient du latin caput qui signifiela tête. Un péché capital est à la tête et à la source d’autres péchés. « Capital » n’a pas ici le sens de grave. L’appellation « péché capital » ne signifie pas que ces péchés sont les plus graves, sinon le meurtre, par exemple, figurerait sur la liste. Les péchés capitaux sont à la tête d’autres péchés dérivés. Si nous parvenons à éviter un péché capital, nous évitons d’autres péchés ! Ces péchés capitaux s’enracinent dans notre tempérament ou sur des blessures intérieures. Mais vue qu’il y a une part liberté et de volonté, comme dans chaque péché d’ailleurs, on peut s’en sortir. L’éducation familiale reçu peut faire de notre cœur un terrain favorable ou défavorable à l’éclosion des péchés capitaux. Selon notre caractère, notre personnalité, nous sommes plus ou moins disposés à tel ou tel péché capital. Cela n’enlève pas notre liberté, mais suppose d’être vigilant dans tel ou tel domaine.
Les sept péchés capitaux
Pourquoi sept péchés capitaux ? Dans la tradition de l’Eglise il y en a pratiquement toujours eu sept (parfois huit quand on distinguait la vanité de l’orgueil). Certains préfèrent parler de « vice capital » plutôt que de péché capital. Au XIIIe siècle, le philosophe et théologien Saint Thomas d’Aquin, docteur commun de l’Eglise, expliqua que plutôt que de parler de péchés, il faudrait parler de sept vices fondamentaux. La gourmandise peut ainsi conduire un homme à commettre un vol, et la colère ou l’envie, un meurtre.
La liste des sept péchés capitaux a été ébauchée au IVe siècle en Egypte par Evagre le Pontique, un anachorète (moine qui vit en ermite). Il détermina d’abord huit passions néfastes : gourmandise, impureté, avarice, mélancolie, colère, paresse, vaine gloire et orgueil. Un siècle plus tard, Jean Cassien, autre anachorète, réduisit ce nombre à sept :
L’orgueil
La paresse
La gourmandise
La luxure (l’impudicité)
L’avarice
La colère
L’envie.
A la fin VIe siècle, le pape Grégoire le Grand fixa définitivement cette liste, encore admise aujourd’hui par l’église catholique. L’orgueil est le péché capital par excellence.
Fr. Jean-Philippe DIOUF
Communauté Saint Jean
Paroisse Universitaire de Lomé

