Pensée du 19 octobre
Nous sommes ainsi passés du niveau de la création à celui de la conversion. Par le péché, l’homme a transformé la sortie ( exitus ) de la créature de Dieu, c’est-à-dire la création, en un éloignement de Dieu ( aversio a Deo ) ; voici pourquoi le mouvement de retour ( reditus ) des créatures à Dieu ne peut se réaliser désormais, sinon sous la forme d’une conversion à Dieu ( conversio ad Deum ).
La sortie et le retour indiquent deux mouvements objectifs, universels, indépendants de l’homme. Qu’il le veuille ou non, l’homme est sorti de Dieu et à Dieu il retourne, du moins au Dieu juge, si ce n’est comme récompense. L’éloignement de Dieu et la conversion à Dieu indiquent deux mouvements subjectifs, deux décisions libres de l’homme.
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Puisque l’homme a transformé la sortie de Dieu en son éloignement de Dieu., il doit maintenant transformer le simple retour à Dieu en sa conversion à Dieu. Et c’est dans ce processus de conversion que l’Esprit Saint est vu désormais en action.
Bonus :
Le mot « dieu » vient du latin deus, lui-même issu de la racine indo-européenne dei- « briller » qui, élargie en deiwo- et en dyew-, sert à désigner le ciel lumineux en tant que divinité ainsi que les êtres célestes par opposition aux êtres terrestres, les hommes.
Étroitement liée à cette notion de lumière, c’est la plus ancienne dénomination indo-européenne de la divinité qui se retrouve dans le nom du dieu grec Zeus dont le génitif est Dios. De la même racine est issue la désignation de la lumière du jour (diurne) et du jour, lui-même (dies en latin).

