Pensée du 13 août
J’ai séjourné quelque temps dans une maison de retraite spirituelle située à l’extrême nord de l’Irlande, au bord de l’océan, où nichent beaucoup de mouettes. À cette époque, raconte le Cardinal, je commençais déjà à penser à un commentaire du Veni Creator . Les mouettes furent mes maîtres en pneumatologie. Je passais de longs moments à les observer du haut des falaises. Elles planaient longuement, presque immobiles, sur la mer, au-dessus des précipices. J’avais alors devant mes yeux la même image que celle de l’auteur sacré lorsqu’il disait que l’Esprit de Dieu planait sur les eaux, au-dessus de l’abîme.
Mais ce qui m’impressionnait le plus était de voir comment les mouettes connaissaient l’art de faire travailler le vent. Elles planaient sous les ailes du vent (Ps 18, 11), se laissant porter par lui, volant ainsi des heures sans se fatiguer à des vitesses très élevées.
Que d’enseignements nous pouvons tirer de tout cela ! Le vent est la seule chose qui ne puisse absolument pas être mise « en bouteille » ou « en conserve », à l’inverse de l’eau, ou de l’énergie électrique qui peut être accumulée dans une pile. Si c’était le cas, ce ne serait plus du vent, c’est-à-dire de l’air en mouvement, mais de l’air immobile, mort. Le rationalisme moderne a tenté d’enfermer l’Esprit Saint dans des concepts, des définitions des thèmes et des traités ; or cela ne mène à rien.

