Pensée du 29 août
La passion du Christ, décrite sur un plan prophétique par le Deutéro-Isaie et sur un plan historique par les évangiles, apporte un message spécial pour les temps que nous vivons. Voici ce message : « Non à la violence ! ». Le Serviteur « n’a commis aucune violence » ; c’est au contraire sur lui que s’est concentrée toute la violence du monde : il a été frappé, transpercé, maltraité, fouetté, condamné et enfin jeté dans une fosse commune (« il a été enterré parmi les criminels »).
En tout cela, il n’a pas ouvert la bouche, il s’est comporté comme un doux agneau conduit à l’abattoir, il n’a pas fait de menaces, il s’est offert lui-même en expiation et il « intercéde » pour ceux qui l’ont tué en disant : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 33) (C’est ainsi que nous savons que ceux qui ont crucifié le Christ sont sauvés et sont avec lui au Paradis, au moins ceux qui avaient agi vraiment par ignorance, tant il est évident que le Père qui l’écoutait toujours n’a pu laisser sans réponse sa dernière supplique !)
C’est ainsi que le Christ a vaincu la violence ; il l’a vaincue non en lui opposant une violence plus grande, mais en la subissant et en dévoilant toute l’injustice et la vanité qu’elle contenait. Il a inauguré par là une nouvelle forme de victoire que Saint Augustin a résumé en trois mots : « Victor quia victima.- Vainqueur parce que victime ».

