Pensée du 21 août
Nous allons méditer sur le quatrième poème du Serviteur de Dieu (Is 52, 13 – 53, 12), à la lumière du texte évangélique de la Passion selon saint Jean. Le passage s’ouvre par un prologue céleste dans lequel Dieu parle ; suit le monologue d’une foule qui, comme le fait le chœur dans une tragédie grecque, médite sur les faits et en tire ses propres conclusions ; il s’achève sur Dieu qui reprend la parole pour émettre son verdict final.
L’événement est tel qu’on ne peut bien le comprendre que si l’on part de son épilogue ; c’est pourquoi Dieu en anticipe la fin dès le début du récit : « Mon Serviteur prospérera, il grandira, s’élèvera, sera placé très haut ». On accède à quelque chose d’inédit, à des peuples qui s’émerveillent, à des rois qui restent bouche close : l’horizon se dilate jusqu’à un absolu et une universalité qu’aucune narration historique, même pas celle des évangiles, ne serait en mesure de rassembler, étant déterminée dans le temps et l’espace. C’est la force même de la prophétie qui nous la rend chère et indispensable même après que nous en ayons vu l’accomplissement.

